La marque fait partie des grandes signatures de mode d’origine arménienne. « Créatrice de chaussures », née en 1960 à Bourg-de-Péage (Romans), elle a été fondée par les frères Kéloglanian, Georges et Gérard, qui fabriquent à l’époque des souliers masculins.
En 1974, c’est avec l’arrivée de Stéphane Kéloglanian qui rejoint ses frères dans la société, (ils ont adopté ensemble la contraction Stephane Kélian à titre de marque et de raison sociale de la société nouvellement constituée) que la marque prend son envol, dans le bassin historique de Romans, et développe rapidement une renommée internationale. 1978 : c’est la date du lancement de la ligne féminine. Stephane Kélian montre une grande sensibilité créative du chaussant. Début des années 1980, il se fait vite remarquer dans l’univers de la mode, grâce à son parti prix innovant. Il ose ce que les autres n’osent pas, proposant une fabrication de chaussures à forte identité, ses fameux modèles en cuir tressé. Cette technique forge sa bonne réputation et perdure encore comme marque de fabrique et comme style unique aujourd’hui, que se soit pour la chaussure comme pour la maroquinerie. L’entreprise connaît ses heures de gloire de 1974 à 1995 et voit son personnel progresser de façon significative. Début 1980, la griffe possède deux ateliers de 40 personnes et fait travailler une cinquantaine de tresseuses (dont 30 qui tressent sur formes). La décennie 80 rime vraiment avec prospérité pour Stephane Kélian. A cette période, la maison fabrique les souliers de Maud Frizon et débute une période faste de collaborations avec des créateurs de renom : Claude Montana, Issey Miyake et Jean-Paul Gaultier. Dans les années 1990, la griffe connaît le même essoufflement que le secteur global de l’accessoire, due à la tendance au minimalisme de l’époque. Alors que les années 2000 sont synonymes de renaissance pour la marque. La belle endormie renaît en 2007 ; elle est reprise en main par le Groupe Royer. Ce dernier rachète la griffe et implante, à Romans, un bureau de création, pour son segment luxe. Les modèles sont fabriqués en France, dans des ateliers haut de gamme. Tout est dessiné, pensé et conçu en France avec le respect de préserver les codes stylistiques de la griffe, en les adaptant aux besoins de l’élégante d’aujourd’hui. Actuellement, le bureau de création emploie 13 personnes réunissant les métiers traditionnels de la fabrication de chaussures : maquettiste, patronnier, formier, tresseuse, piqueuse… Objectif du Groupe Royer : sauver le savoir-faire et le chic français. Un musée est même annexé au bureau de création pour présenter les archives retrouvées.